mercredi 30 avril 2014

Journaliste n'est pas un sot métier. Mais pourquoi y a-t-il tant de cons pour l'exercer ?

"Un intellectuel peut-il tomber amoureux d'une coiffeuse ?"

Voici comment un reportage du 20 heures de l'inénarrable  David Pujadas sur France 2 présente la sortie du film "Pas son genre" qui traite d'une rencontre amoureuse entre deux personnes d'univers culturels différents. Cette condescendance qu'ont ces journalistes chaque jour plus nombreux et dont le terme journaleux conviendrait mieux, pour tout ce qui n'évolue pas dans leur sphère, y compris géographique tant les médias nationaux dégoulinent de parisianisme, fait froid dans le dos et nourrit une nausée qui donne l'envie d'hurler. Le format des infos télévisées imposant d'expliquer Dieu et la Genèse en 33 secondes pousse l'inculte journaleux (pléonasme), aux efforts neuronaux limités (autre pléonasme) à raisonner en clichés et à ranger les êtres dans des tiroirs pré-étiquetés. Ainsi donc, celui (ou celle) qui fut dans le passé le confident de Raymond Barre, est-il devenu aujourd'hui une espèce d'individu décervelé incapable de séduire un(e) intellectuel(le) autrement qu'en situation quasi pathologique qu'il faudrait faire décrypter par un psychanalyste ou un sociologue. Franck Provost et Jean-Louis David apprécieront.

De mon point de vue, il y aurait sans nul doute plus à dire et à observer de ces rapports aussi pervers que malsains qu'entretiennent les couples "politique/journaliste" qui ne cessent de se multiplier et qui mériteraient, pour le coup, un documentaire anthropologique. Le proverbe dit qu'il n'est pas de sots métiers et qu'il n'y a que de sottes gens. Une interprétation séduisante voudrait qu'on appelât métier l'outil du tisserand et qu'on évoquât ainsi l'insuffisance de celui qui manie l'outil plus que le défaut dudit objet. En l’occurrence,  les journalistes font tant de mal au journalisme.

On dit aussi que pour faire passer les moments de déprime, il est bon d'aller chez son coiffeur ou sa coiffeuse. Je le crois volontiers. Ce sentiment de bien-être que l'on ressent au sortir du capilliculteur ne peut trouver sa source dans les inepties journalistiques que nous proposent les revues qu'il nous confie le temps d'un séchage ou d'une couleur. Preuve que notre coiffeuse est plus utile à notre moral et qu'elle a bien du mérite à effacer la désespérance que nous distillent les affligeants articles de la presse scribouillarde. J'ajoute que, chaque samedi, j'aime aller chez mon boucher qui lui, choriste à ses heures, me parle de Mozart, de Saint Saens, de Bach, que sais-je encore ? Que dirait notre journaliste de France 2 si elle savait cela ? S'interrogerait-elle sur la possible compatibilité de la beauté avec un métier de bouche ?

Assurément il en est qui sont pour leur part incompatibles avec la finesse et l'intelligence, pour qui la complexité des êtres est inaccessible mais qui, malheureusement, monopolisent trop souvent claviers, micros et caméras. Pendant ce temps, je pense à tous ceux qui s'acharnent à expliquer à leurs élèves que les métiers manuels qu'ils apprennent sont de vrais et de beaux métiers et qu'il n'appartient qu'à ceux qui les exercent d'en faire des œuvres. Je pense à ces moqueries dont nous abreuvent les fameux réseaux sociaux qui, sous couvert d'anonymat, permettent aux imbéciles inutiles de dénigrer ceux qui se bougent. Je pense à celui-là ou à celle-ci qui, rêvant quelques instants de la fierté que lui procurerait le soin de coiffer sa grand-mère pour son anniversaire, n'oserait même plus, entendant cela, en évoquer l'idée.

"Un intellectuel peut-il tomber amoureux d'une coiffeuse ?" On ne mesurera jamais les dégâts de cette phrase. Juste peut-on en évaluer la bêtise et ce qu'il y a d'odieux à la prononcer.


2 commentaires:

  1. Journaliste n'est pas un sot métier. Mais pourquoi y a-t-il tant de cons pour l'exercer ?
    "Un intellectuel peut-il tomber amoureux d'une coiffeuse ?"

    D'abord un grand MERCI pour la considération que vous faites aux coiffeurs et coiffeuses.

    Ensuite, et effectivement pour abonder dans le sens du propos de votre blog si on considère que le métier d'architecte serait catalogué au rang de métier "intellectuel" alors oui un intellectuel peut tomber amoureux d'une coiffeuse et cela dure depuis vingt cinq ans.

    j'ai bien pris la peine de mettre intellectuel entre guillemets car s'il y a une chose dont je suis sur c'est que le métier d'architecte et beaucoup d'autre qui se prétende en être n'entre certainement pas dans la catégorie et qu' avant d'associer le genre "intellectuel" à un métier il aurait été préférable que Pujadas en donne une définition précise.


    Quand à David Pujadas c'est l'exemple type de ce genre de journaliste qui me fait prendre conscience que la redevance tv devrait être gratuite chaque année, et pour en finir avec ce pseudo journaliste qui relève plus du présentateur talk show type Jacques Pradel encore que Pradel ferait un meilleur journaliste comme le disait Audiar lui aussi victime en son temps comme les coiffeuses de pseudo-cinéastes intellectuels bobo de la nouvelle vague on pourrait ajouter au cons les crétins en orbite au tour de la terre et nul doute que Pujadas fait partie des deux hein!!! ce qui nous permettrait de nous oxygéner tellement mieux le cerveau.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci pour votre message. Et puisque vous évoquez Audiard et ses bons mots, n'oublions pas non plus celui-ci "un intellectuel assis va moins loin qu'un con qui marche."
      Excellent week-end.

      Supprimer

Plus la beauté prendra de place moins il en restera pour la barbarie

Remarque : Seul un membre de ce blog est autorisé à enregistrer un commentaire.