dimanche 8 juin 2014

La monarchie républicaine et la république monarchiste

Raccompagnant Elisabeth à Villaboublay, je lui dis : "Alors Babeth, (elle adore que je l'appelle comme ça), tu as encore fait ton show aujourd'hui". "Oui, me répondit-elle avec cet accent inimitable, j'ai fait mon Babeth Show". Et nous partîmes de conserve dans un éclat de rire qui failli faire choir son royal chapeau.

De tradition familiale, outre le fait que notre langue fut officielle  en Angleterre jusqu'en 1361, tous les membres de la famille royale britannique maîtrisent un français impeccable ; ce qui leur permet quelques petites fantaisies
"calembouresques". A l'ignorance des premiers intéressés, c'est-à-dire les français eux-mêmes, la langue de Molière était langue diplomatique dans toutes les cours et ambassades d'Europe et du monde et est encore aujourd'hui, avec l'anglais, la langue officielle des instances internationales. Cela n'est malheureusement plus tout à fait vrai dans la réalité tant il devient difficile de disposer rapidement des textes européens, pour ne citer qu'eux, rédigés en tourangeau. C'est un souci quasi quotidien dans mon métier mais je me suis laissé dire que la boite de kachou interviendra prochainement auprès de son ami Junker ou son ami Schultz ou son ami Tsipras ou... etc. qui évidemment sera automatiquement son ami dès son élection. Sinon, il se mettra à disposition de Jacques Mahéas pour intervenir auprès des plus hautes instances afin que ce problème soit réglé rapidement. Mais bon, avec tout ça, comment voulez-vous qu'il trouve le temps d'aller au conseil municipal et aux réunions des commissions auxquelles il s'est inscrit. Sacré kachouri qui ne trouve pas le temps, alors qu'il est chez lui, de donner 10 minutes de présence à 100 mètres de son domicile pour célébrer la fin de l'esclavage et qui salue sur son blog, en les listant un à un, tous les corps d'appartenance de ceux qui ont célébré le D-Day. Monsieur abdelhak kachouri félicite les organisateurs et animateurs des célébrations du débarquement et va même jusqu'à remercier au passage les soldats et les pays qui ont contribué à la libération. Je vous cite l'intro. Attention  aux âmes sensibles, vomissures et haut-le cœur garantis : "Cela fait 70 ans que le débarquement a eu lieuDes vies, beaucoup de vies ont été sacrifiées pour redonner à notre pays la grandeur qui est la sienne... Merci à ces soldats, à nos partenaires Européens et Internationaux qui, il y a 70 ans, ont eu le courage d'affronter la barbarie Nazie.". Quel degré de bêtise et d'inculture faut-il avoir pour écrire une ânerie pareille ! A n'en pas douter, chaque soldat, chaque famille meurtrie, chaque représentant des états aura apprécié, individuellement et collectivement, le miel et la veulerie de ce suceur d'indemnités aux chevilles expansées dont le seul courage est de porter le collier et de tendre la laisse à celui qui lui donnera la meilleure soupe.

Mais, revenons à Babeth. "Tu vois, me dit-elle, nos deux pays ne cessent de se chamailler depuis qu'Aliénor et Henri ont inventé la royale scène de ménage. Mais vous êtes l'un des pays que j'aurai le plus visité au cours de mon règne. J'aime bien la France et les français me font rire. A chacune de mes visites, sans le moindre mot, je rappelle à ce bon peuple qu'il a fait la révolution et raccourci ses monarques. Qu'il en est à sa Vème république et a inventé l'état laïc. Mais que malgré tout, je reste, avec le pape, le chef d'état le plus applaudi de tous ceux qui lui rendent visite et encore, quand je viens avec mon carrosse c'est pire. Ses président et premier ministre vivent dans des palais et il n'aurait que mépris pour eux s'il en était autrement. Et avec ça, pas une seule de ses lois n'est construite sans avoir vérifié que Dieu ne puisse s'en offusquer ; même vos prêtres défilent. Votre empereur avait raison de dire que le peuple de France a plus besoin de légendes que de pain et d'eau. Il suffit du prestige pour apaiser ses maux. Vous attendez de vos présidents qu'ils se conduisent en monarques et décident de tout et pour tout. Après, à rendez-vous réguliers et selon votre bon plaisir, vous choisissez de les garder ou les changer. Sauriez-vous seulement, avec vos élus néo-aristocrates et vos journalistes néo-cléricaux, mettre dans votre république la démocratie que nous avons mise dans notre monarchie  ?... je n'en suis pas si sure."

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Plus la beauté prendra de place moins il en restera pour la barbarie

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