samedi 6 septembre 2014

Abus de pouvoir et haute trahison de la part d'une journaliste de Paris Match. Pas de quoi être surpris !

"On ne fait pas une bonne démocratie avec un peuple d'abrutis !" C'est nanti de cette bannière que j'ai souhaité m'engager dans la formation il y a environ 25 ans. Je m'y suis engagé comme on prend les armes pour défendre une cause, la liberté, mon pays. La différence est que c'est moins dangereux. D'ailleurs, à l'inverse de la majorité de mes concitoyens, je ne suis pas certain d'avoir assez de courage pour prendre les armes si la situation se présentait. A voir... je ne sais pas. Pas certain non plus d'avoir très envie que la situation se présente pour le vérifier. Je dis "à l'inverse de mes concitoyens" parce que j'ai compris depuis maintenant quelques années que la très grande majorité d'entre-eux était animée d'un sens aigu du sacrifice inscrit dans un immense courage, une probité, un civisme, un amour de la France et une honnêteté infaillibles, le tout renforcé par des compétences affûtées sur la sélection de l'équipe de France de football, la composition du gouvernement, la politique étrangère, la politique économique, la politique sociale mais aussi sociétale, la politique énergétique, la politique tout court, les cours de maths, de français, de philo, de gym, les rythmes scolaires, le temps de travail, le mariage, l'éducation des enfants... Ceci grâce notamment à un souci constant de l'intérêt général et une volonté de toujours privilégier le débat de fond dans un esprit ouvert et tolérant. Je ne doute pas un instant d'ailleurs que la multiplication des émissions de télé-réalité et l'explosion des magazines people et de leurs doubles sur l'internet, sans oublier bien sûr les incontournables réseaux "sociaux" qui concentrent désormais l'essentiel des commentaires de la vie politique, contribuent très largement à la pertinence de ce peuple exemplaire et de l'ambiance enthousiaste qui en découle. Closer et Paris Match ont, chacun à sa façon, créé avec succès un concept pédagogique tout à fait singulier, une forme de 2 en 1 par la publication de savoureux mélanges judicieusement dosés "d'informations" dites politiques et "d'informations" people ; la pseudo sériosité des premiers valorisant la crédibilité et l'improbable nécessité des seconds. Il en résulte que de citoyen en quête d'informations structurantes pour l'analyse de son environnement, le lecteur s'apparente davantage à un vautour muni des jumelles d'un voyeur. Mais un vautour qui vote reste un citoyen. Seuls les critères de ses choix sont différents. Il est simplement plus facile à gouverner puisqu'il n'est pas nécessaire de le convaincre il suffit de l'appâter.

Alors quand une journaliste de Paris Match, auteure d'un tweet assassin envers la mère des enfants de son compagnon à peine élu chef de l'Etat, mettant de fait en péril la quête d'une majorité sereine nécessaire à l'accomplissement de sa politique, abuse de son pouvoir et publie, par vengeance personnelle, un livre sans se préoccuper des conséquences qu'il peut avoir sur son pays qui peut s'en étonner ? Et qui peut, de fait, être surpris que ce livre est déjà un bestseller ? Et qui peut imaginer l'éditeur sans lui conférer la tête d'un gagnant au loto ? Et qui peut ne pas voir tous les commentateurs, y compris ceux qui se masquent les yeux en écartant les doigts comme les tricheurs des parties de cache-cache, ceux qui se pincent le nez d'une main en écrivant de l'autre leur soit-disant nausée sur 5 colonnes après un titre racoleur de première page, qui peut ne pas les voir se frotter les mains à l'idée du tirage et de l'audience qu'ils vont faire. Chacun choisit son public et le gâteau est bien partagé..

Ne soyons pas surpris, il faut juste s'inquiéter. Quand les partis n'auront plus que des abdelhak kachouri à présenter pour faire de la politique et des closer ou des paris match pour la commenter, il ne restera plus que les marchands et les argentiers pour gouverner... Excusez-moi un instant, on m'appelle au téléphone.

Ah, on me dit que c'est déjà le cas et que les noms propres sont en voie de disparition.





2 commentaires:

  1. Je partage, comme souvent. Juste un truc: nous ne sommes pas des citoyens, juste des électeurs.
    Comme vous je me pose souvent la question de comment résister au tsunami que vous décrivez. Dans les moments de doute je me compare à ces malheureux habitant dans des régions submergés par les flots pour cause de réchauffement climatique. Sentiment d'impuissance. Quand l'optimisme parvient malgré tout à triompher je me dis qu'une forme d'Arche parviendra tout de même à nous sauver du déluge.
    Poursuivez sa construction tel un Noé du village global.
    Et ne désespérez jamais de la bestialité humaine.
    Nous ne sommes, quoi qu'on en pense, que des animaux luttant pour notre survie.

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    1. Mon Cher EnRiQuE, Sans vouloir en rajouter dans la déprime, le statut d'électeur pourrait laisser sous-entendre la subsistance d'une sensibilité à l'intérêt général. Je crains que nous ne soyons plus que des consommateurs.

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Plus la beauté prendra de place moins il en restera pour la barbarie

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