jeudi 27 novembre 2014

Vite une presse d'opinion au lieu de cette hypocrisie malsaine

Christine Ockrent et Bernard Kouchner, Valérie Trierweiler et François Hollande, Anne Sinclair et Dominique Strauss-Kahn, Audrey Pulvar et Arnaud Montebourg, Béatrice Schönberg et Jean-Louis Borloo, Marie Drucker et François Baroin, Marie Drucker et Mathias Vicherat (sans doute un UMPS à elle seule dirait MLP), etc. 
Bref, voilà pour les plus célèbres, il en est bien d'autres à n'en pas douter. Pour faire une comparaison quelque peu provocatrice, la sécurité routière n'est pas qu'un nombre de morts sur la route, on en parle moins mais c'est aussi des blessés, graves pour beaucoup moins pour d'autres, c'est aussi de nombreux accidents heureusement sans victime. En est-il de même dans la collusion entre les mondes politique et journalistique. Il y a les célèbres qui sont en couples, probablement des célèbres qui ne sont pas en couples, et puis les pas célèbres en couples ou pas, et puis les aventures et puis les amitiés et puis les copinages, les cocktails, les dîners.. Ils ne se cachent même pas ou plus ; on assiste en direct à la télévision à un Jean-Michel Aphatie recevant un SMS d'un François Fillon.
Or donc, ces couples sont-ils des exceptions ou le sommet d'un iceberg qui, s'il était découvert dans son entier, pourrait faire couler le "Titanic" ? Dans un fameux sketch évoquant les violences policières, Coluche interprétait un policier qui disait que pour porter plainte après avoir été tabassé par un policier, il fallait aller au commissariat... En l'occurence, il faudrait s'adresser à la presse pour dénoncer ses affairismes, ses conflits d'intérêts, son favoritisme, son clientélisme, voire son népotisme... c'est pas gagné !
Inversement, l'amour a ses raisons que la raison ignore. En ce cas, peut-on ou doit-on interdire à des êtres de s'aimer, se désirer, sympathiser pour garantir l'intégrité du journalisme ? Sans doute pas. Sans doute aussi faut-il accepter l'idée qu'une information neutre et objective n'existe pas et qu'à la façon d'une certaine forme de déterminisme, il existe pour tout journaliste comme pour tout organe de presse des conditions, des choix, des philosophies, des appartenances, des sensibilités qui déterminent l'orientation de l'information. Ceci est vrai pour le plus honnête intellectuellement, je n'évoquerai pas la très grande partie d'inféodés à un parti, à un groupe de pression, aux contraintes économiques ou, plus simplement, à l'argent. L'exercice de l'abus de pouvoir pour régler des comptes privés est même une réalité non abordée et non dénoncée, on l'a vu pour Valérie Trierweiler ces derniers mois où tout a été dit sauf sur l'abus de pouvoir médiatique. La conséquence est un désamour terrible entre les citoyens et leurs médias et une absence de confiance totale dans l'information qui est diffusée. Toutes les enquêtes le montrent. Parallèlement, la multiplicité des médias médiocres, notamment dans la sphère Internet, le développement d'une presse people qui mêle téléréalité, showbiz, jetset, politique, sexe et faits divers imprègnent et manipulent les esprits sans que puisse leur être opposée une offre d'information à l'indéniable intégrité et crédibilité.
Cessons donc cette hypocrisie qui veut faire croire à l'objectivité des médias et qui conduit à cultiver une évidente perversité politique. Il était, jadis, plus riche, plus formateur, plus constructif de lire à la fois l'Huma et la Lettre de la Nation que de se nourrir au seul "Parisien Libéré". Recréons, revitalisons une véritable presse d'opinion. Que chacun ait le courage de s'afficher de gauche ou de droite levant ainsi le doute d'une inavouable manipulation et laissons au citoyen le soin de faire sa synthèse. Elle aura sans nul doute une qualité que le machouillage médiatique actuel est incapable de lui donner.



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