mardi 2 décembre 2014

Je l'affirme et je signe !

Puisqu'aujourd'hui, au mieux, c'est Nathalie Saint Cricq et Jean-Michel Aphatie, au pire Closer ou TPMP qui apprécient, jugent et attribuent bons et mauvais points à la politique française. Puisque l'on fait juger le gouvernement par un comédien dont l'indéniable talent ne justifie en rien une quelconque compétence et culture politiques et qui se permet de se présenter complètement ivre à une cérémonie de commémoration de la première guerre mondiale au point d'être obligé d'interrompre la lecture des textes qu'on lui avait demandé de prononcer, je me dis que mon avis vaut bien celui de tous ces gens-là.

Ainsi donc nous serions mal gouvernés puisque toujours pas sortis d'une crise sans précédent initiée par un système inique. Même Nicolas Sarkozy a souhaité qu'il soit moralisé. Pour que Sarko parle de morale c'est que vraiment il se passe quelque chose de pas clair. N'oublions pas, par ailleurs, qu'entre 2007 et 2012 la dette est passée de 64 % du PIB à plus de 90 % et ce, durant la présidence de l'omnipotent sauveur de la Libye. Ah ! Tiens ! Parlons-en ! Et si on évoquait le caractère visionnaire de la politique étrangère de Nicolas Bruni ???

Bref ! On voudrait que deux ans et demi plus tard, tout soit rentré dans l'ordre. Le chômage en baisse significative, des entreprises heureuses, une France adulée, cumulant victoires sportives et victoires militaires, avec une Amérique et une Russie à ses genoux et une Chine qui nous sous-traiterait sa production et, évidemment, une population heureuse et bien payée. On me dira que j'exagère et qu'on n'en demande pas tant. Mais si on en demande autant !!! François Mitterrand s'est fait élire sur un taux de chômage de 6 %. Quand, quelques années plus tôt, Raymond Barre est arrivé à Matignon après le divorce Chirac-Giscard, tout le monde pleurait déjà sur son sort. S'il y a  une spécialité française... c'est la plainte. Là, faut reconnaître, on n'est pas mauvais. On me rétorquera que le taux de chômage est de presque 10,5 % et que la pauvreté a atteint un niveau jamais égalé. Ca vaut bien de râler et de descendre dans la rue. Mais oui, bien sûr. Le problème est que ceux qui se plaignent de leur sort ne sont non seulement pas forcément les plus à plaindre mais pas non plus les plus à payer de leur personne pour sortir le pays des ornières. Ca ne se fait pas seulement en payant ses impôts.

Mais en fait, la seule façon qu'il y a d'avoir toujours raison, c'est de dénoncer le vide qui sépare le réel de la perfection. Et comme le parfait n'existe pas (à part moi), on est certain d'avoir quelque chose à dire... et toujours raison. C'est facile, ça fait croire à de l'engagement. Ca en a la couleur, sans doute l'odeur, tout ce que vous voulez, mais l'engagement c'est construire, même avec des erreurs, même avec des fautes. Et ce n'est pas facile. La facilité, elle est ailleurs, elle est dans la dénonciation de ce qui n'a pas été bien fait... par d'autres. C'est dire ce qu'il ne fallait pas faire sans être en mesure de dire ce qu'il fallait faire autrement que dans les incantations du Y a qu'à faut qu'on !

Ce qui est affligeant dans tout cela, c'est qu'à passer son temps à gémir et à se victimiser, on va à nouveau se retrouver avec  Morano, Hortefeux, Sarkozy, Fillon, Pécresse avec ses yeux de chatte, Kosciusko Moriset avec ses yeux de chatte et sa mèche qui se relève d'un élégant coup de tête désinvolte que chez L'Oreal yzencrève de jalousie... on arrive même à trouver d'immenses qualités à Juppé. Vous savez, Juppé, celui qui, quand il était premier ministre en 96, voulait vendre (et n'a pas réussi) Thomson Multimedia pour un franc symbolique au coréen Daewoo. 3 ans plus tard, Thomson multimedia entrait en bourse et valait entre 14 et 20 milliards de francs selon les sources et Daewoo était dissout par le gourvernement coréen. Sarko et Fillon n'ont eux, que doublé la dette de la France et fait passé le chômage de 7,5 à 9,5 %. Que des visionnaires ! Ca promet !!!!!!!

Ah au fait, quand Juppé est parti, le chômage était à 10,3 %. Quand Jospin, son successeur est parti, le chômage était à 7,5 % et la dette avait diminué, Résultat, Jospin renvoyé dans ses foyers et Le Pen au second tour. Le peuple est aussi visionnaire que ses dirigeants les plus mauvais !!!

Et bien vous me direz ce que vous voudrez mais moi, je l'affirme et je signe, c'est peut-être pas gégène ce qu'on a mais ce qu'on pourrait avoir... c'est pire !


Mise à jour le 3/12/14 : Le Figaro publie avec une certaine jouissance un sondage CSA qui donnerait entre 485 et 505 sièges à l'UMP si les législatives avaient lieu aujourd'hui. Le PS, Front de gauche et les Verts réunis ne se partageraient que 56 à 66 sièges.  Je ne ferai pas d'autre commentaire... pour l'instant.

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Plus la beauté prendra de place moins il en restera pour la barbarie

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