mercredi 17 décembre 2014

Presse de caniveau et presse ... ?

Il est quand même assez intéressant que l'on puisse parler des élus, des partis, des syndicats, des policiers, des profs, des fonctionnaires, des patrons voire même... des français, des immigrés, etc. mais jamais, aux grands dieux, jamais, des journalistes et de la presse. En ce cas, il faut dire, "certains journalistes" et "une certaine presse". Comme si les contours étaient plus précisément dessinés. Comme si les caractéristiques et les spécificités des uns par rapport aux autres étaient si marquées qu'il devienne totalement erroné de les associer dans un terme générique. On pourrait croire, d'ailleurs, que ces différences sont si marquantes qu'elles justifient à elles seules de faire le distinguo. Que nenni ! Ne pas être associé à tel ou tel présente surtout l'avantage de donner une nouvelle virginité à une information de caniveau en l'habillant de la légitimité de l'analyse évidemment sérieuse d'une presse non people. De fait, il y a un hypocrite mais juste partage. A Closer le soin d'annoncer la liaison extraconjugale ou l'homosexualité d'une personnalité. Aux autres médias, le soin d'analyser les possibles dégâts et les conséquences d'une telle information. Lui c'est lui moi c'est moi et penser le contraire pour mettre tout le monde dans le même sac porte atteinte à un des piliers de la démocratie. On est même vite suspecté d'esprit totalitaire si l'on véhicule de telles pensées.

Pour autant, s'il y a les torchons sales comme Closer ou Minute (et j'en passe, la liste s'allongent de semaine en semaine), on peut s'interroger sur le nombre de soit-disant médias propres, ou qui se revendiquent comme tels, qui se gargarisent et exploitent, sous des airs de pucelle outragée, la répugnante information, objet de tous les mépris, mais prétexte bien utile à des fins inavouables. Car jamais vous ne les prendrez à divulguer ce genre d'info et vous pouvez même compter sur eux pour condamner ceux qui le font. Mais vous comprendrez toutefois qu'il leur faudra bien relayer ladite info et peut-être même largement la commenter, ne serait-ce qu'en analysant ses conséquences. Après tout c'est leur liberté d'informer et d'éclairer le public de leur expertise, leur compétence et leur constant souci de contribuer chaque jour un peu plus à ce merveilleux exercice de la démocratie et ... de la transparence.
Il fut une époque où, chercher le scoop, c'était être le premier à bénéficier d'une information et des retombées économiques et financières de sa divulgation. Aujourd'hui, grâce au sacro-saint buzz qui récompense les retardataires, chacun peut en profiter et même faire durer le plaisir. Car après tout, l'évaluation de la qualité d'une information ne repose-t-elle pas davantage sur le buzz qu'elle va générer (et donc de l'argent qu'elle fera gagner) que sur sa valeur intrinsèque réelle pouvant contribuer à cultiver, former et donc à élever le débat démocratique ? Les talk-show ont d'ailleurs remplacé les débats et même si certains d'entre eux perdurent ont y invite ceux qui en feront un spectacle. Le showbiz est partout ! En ce sens, Jean-Luc Mélenchon est, comme on dit dans les rédactions, un très bon client. Spectacle assuré ! Georges Marchais l'était aussi, on a vu ce que cela a donné et pour lui et pour ses idées. Beaucoup de monde pour l'écouter ou le regarder. Audience et parts de marché garanties ! Beaucoup de bruit, beaucoup de peur à cause du bruit mais dans les urnes... surprise ! Beaucoup moins de monde pour voter pour lui. Le bruit ne fait ni le nombre ni une majorité.

Peut-être que, comme les élus, les partis, les syndicats, les policiers, les profs, les fonctionnaires, les patrons mais aussi... les français, les immigrés, etc. la presse répond-elle en réalité aux lois de la complexité si chère à Edgar Morin et qui fait de chaque groupe comme de chaque individu une multitude de facettes, parfois, et même souvent, contradictoires, mais qui font la richesse de l'humanité. Peut-être... J'avoue que j'en doute de plus en plus.


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