mardi 24 février 2015

Article express !

En entendant les interventions de Zartoshte Bakhtiari au Conseil municipal de Neuilly sur Marne, Coluche aurait pu lui offrir sa célèbre sortie : 
"De tous ceux qui n'ont rien à dire, les plus agréables sont ceux qui se taisent"
Mais, dans la série je ne sais rien, je n'ai rien à dire mais je vais quand même occuper le terrain, nos chers journalistes sont quand même des champions toutes catégories. Outre le fait qu'ils sont experts en tout et nous expliquent ce qu'il faut penser et ne pas penser, comment et pourquoi il faut le penser, ce qu'il est possible de dire et ce qu'il ne faut surtout pas dire, où est le bien, où est le mal, outre le fait qu'ils sèment la moisson du Front national par le simplisme d'analyses qui s'apparentent davantage à des ragots, outre le fait que les plus sévères n'auront souvent rien fait d'autre dans leur vie que critiquer la moitié vide d'un verre fait du travail de ceux qui ne commentent pas mais qui font, outre le fait que Jean-Pierre Elkabbach (77 ans), Catherine Nay (71 ans), Philippe Tesson (86 ans), Alain Duhamel (74 ans) et d'autres encore, vont nous expliquer que la longévité de nos élus est un scandale, outre tout cela et j'en passe, ils arrivent à dépasser, telle la vérité sur la fiction, les sketchs les plus caricaturaux de nos humoristes. Jugez plutôt grâce à cette perle publiée ce matin dans l'Express dont chacun reconnaîtra pourtant qu'il n'est pas l'organe de presse le plus débilitant de la forêt journalistique moderne.

L'article s'intitule : "Au moins cinq drones ont survolé des lieux emblématiques parisiens"
Après l'affaire "Charlie", angoisse assurée du lecteur qui se précipite sur l'article pour savoir à quelle sauce explosive notre capitale épargnée par un Von Choltitz impuissant il y a plus de 70 ans va-t-elle être désormais grillée.

Chapeau de l'article, en caractères gras, qui, je vous le rappelle, a pour but d'encourager le lecteur à poursuivre la lecture par un résumé pertinent du propos : "Le premier drone a été aperçu devant l'ambassade des Etats-Unis peu avant minuit. D'autres engins ont survolé des lieux emblématiques parisiens, à l'instar de la Tour Eiffel ou des Invalides". On n'en sait guère plus que ce que nous dit le titre mais bon, ça vaut la peine de poursuivre... la sueur commence à perler sur le front.

1er paragraphe, cette fois, nous allons tout savoir : "L'ambassade des Etats-Unis, la Tour Eiffel, les Invalides... Au moins cinq drones ont été aperçus dans la nuit de lundi à mardi survolant différents endroits de Paris, entre minuit et 6 heures. Leurs pilotes n'ont pas été interpellés, a-t-on appris de source proche de l'enquête.". On se dit : "Tiens, c'est une erreur, ils nous resservent la même soupe. Mais c'est probablement une introduction, on en saura plus dans le paragraphe suivant.

2ème paragraphe : "Le premier drone a été aperçu près de l'ambassade des Etats-Unis peu après minuit, "mais la Tour Eiffel, les Invalides ou encore la Concorde ont également été survolés", a précisé cette source. "Il pourrait s'agir d'une action coordonnée mais nous n'en savons pas plus pour l'instant", a-t-elle expliqué." Fin de l'article... 

Voilà voilà mes enfants. Finalement, tout était dans le titre ! En attendant, voilà des gens qui ne manquent pas de railler tout politique qui fait un lapsus, qui bafouille ou qui est imprécis. L'Express, dont le directeur n'est autre que Christophe Barbier qui, nanti de son inénarrable écharpe rouge dont on ne doute pas un instant qu'elle est là pour le protéger du froid, nous sert-là, non de façon exceptionnelle (les exemples sont nombreux), ce qui faisait dire en son temps à Coluche :
"Quand un journaliste n'en sait pas plus que ça, il devrait s'autoriser à fermer sa gueule".
De qui se moque-t-on ? Que faire quand ceux qui sont censés nous donner les outils de notre réflexion sont tombés aussi bas ?

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Plus la beauté prendra de place moins il en restera pour la barbarie

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