samedi 28 février 2015

Evitons les confusions

Je n'ai pas revu le débat depuis bientôt 35 ans. Il mériterait sans doute d'être rediffusé. Mais il me semble que considérer que la dernière confrontation présidentielle entre François Mitterrand et Valéry Giscard d'Estaing était l'ultime débat de société auquel nous ayons été convié n'est pas vraiment une erreur. Même si, l'ex-ministre des finances du général s'était déjà attaché à polluer les échanges par une multitude de chiffres en tous genres qui semblaient dire que l'économie était le seul sujet qui sous-tendait tous les autres. Réglez l'économie d'une nation et vous résoudrez tous les autres problèmes.

Cette vision est le piège que nous tend la droite depuis la nuit des temps et dans lequel tombe bêtement la gauche dite de gouvernement, c'est-à-dire, au passage, celle qui ne fait pas semblant d'exercer les responsabilités et qui a le courage de s'atteler aux réalités. Ce courage-là, on ne peut pas le lui ôter et surtout pas ceux qui ne l'ont jamais eu et qui n'auront jamais rien fait d'autres qu'éructer d'éternelles protestations.

Véritable stigmate de la société de consommation, l'obsession de l'économie dans les débats politiques porte un voile opaque sur tout ce qui fait une société et qui relève de volontés exemptes de moyens financiers. Car si un premier ministre justifia en son temps sa gouvernance par une soit-disant gestion en bon père de famille, que n'avons-nous, depuis, évoqué qu'il ne suffisait pas qu'une famille soit aisée pour qu'il fasse bon y vivre. Dans nos nouvelles démocraties qui font que le bruit fait le nombre, on oublie, sans doute par fainéantise, et singulièrement par fainéantise intellectuelle, de soulever le voile pour trouver des êtres, des familles au portefeuille trop mince pour qu'on daigne les écouter. Et pourtant, sous la populace, le peuple existe bien. Il est là, sans doute un peu endormi mais qui sait sortir le moment venu comme il l'a fait le 11 janvier. Ce peuple-là, n'entre pas dans la confusion des genres. Sans doute ne représente-t-il pas le plus grand nombre. Mais c'est ce peuple-là qui fait l'Histoire parce qu'il ne s'abandonne pas à la consommation vulgaire et à l'engagement low cost qui veut qu'on n'exprime ses idées que le visage masqué dans une manifestation ou derrière un pseudonyme sur les réseaux (a)sociaux. Ce peuple-là continue de préférer le rire au ricanement et c'est parce qu'il est sensible qu'il ne tombe jamais dans la sensiblerie. Ce peuple-là sait que le modernisme ne fait pas le progrès et distingue la qualité de la quantité comme on sépare le bon grain de l'ivraie. Ce peuple-là ne s'abandonne jamais aux ruses du pouvoir, il gouverne à l'intelligence qu'exigent les responsabilités. Et c'est en cela qu'il fait l'Histoire, parce qu'il ne confond pas l'art et le divertissement et se nourrit du savoir pour en faire une culture. Ce peuple-là est sans bruit, mais il vit.

Il n'est pas de chiffres pour mesurer l'amour, l'empathie, l'écoute, la solidarité, l'attention mais il n'est nul besoin d'être aisé pour les porter. C'est vrai pour une famille, c'est vrai pour un état plus encore pour une nation. Habiller la gouvernance de ces valeurs, ca s'appelle faire de la politique et c'est à cette lumière que se différencie la gauche de la droite.


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Plus la beauté prendra de place moins il en restera pour la barbarie

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