mercredi 15 avril 2015

De Faust à Big Brother !

Dans le débat sur la préservation des libertés individuelles, dans le cadre de la discussion de la loi dite antiterroriste", j'entends, j'écoute, parfois avec intérêt, souvent avec affliction, surtout avec amusement.

Avec affliction parce que je mesure à quel point il est devenu impossible de débattre et ce, quel que soit le sujet. On le vit d'ailleurs cruellement au niveau local où l'opposition de droite, zartoshte bakhtiari en tête, ne voit dans le débat, non la confrontation d'appréciations, voire l'apport de contributions, destinées à faire progresser un sujet ou un projet, mais uniquement une opportunité pour contredire, dénigrer, salir si nécessaire et user d'une totale mauvaise foi pour s'opposer à tout, parfois même à ce qu'elle soutiendrait en d'autres circonstances. Façon aussi bête que ringarde de faire de la politique et, pour le moins, très éloignée des intérêts de celles et ceux qu'elle prétend servir. Il faut avouer à la décharge du groupe de droite que sa tête de liste ne comprend pas toujours les dossiers sur lesquels elle intervient ; insuffisance par ailleurs renforcée par un absentéisme conséquent (presque autant que kachouri c'est vous dire si les fauteuils ne sont pas usés !). Ajoutons à cela qu'ayant invité un petit public à la dernière séance pour assister à son cinéma, le pauvre bakhtiari, emporté par son cabotinage enfantin, ne semblait même plus savoir ce qu'il votait. On peut juste peut-être reprocher aux deux autres membres du groupe une discipline bête (pléonasme) face à des consignes de vote arbitraires et injustifiables.

Avec amusement parce que parmi les âpres défenseurs des libertés individuelles on retrouve à peu près tous ceux qui, en d'autres temps, considéraient  Fidel Castro, Mao Tsé-Toung (ou Zedong au choix) et Staline en sauveurs du peuple, grands architectes de la démocratie et des  libertés avec "un bilan globalement positif". Que dire évidemment de nos nostalgiques d'un pétainisme aujourd'hui assumé et plus encore des hypocrites qui s'en démarquent tout en lorgnant sur un Travail-Famille-Patrie qu'ils espèrent bien récupérer. Tout ce petit monde se présente aujourd'hui avec des airs outragés en grands défenseurs des libertés individuelles. Je n'évoquerai pas, évidemment, les sempiternels "pseudo-libertaires" qui ont fait de la liberté une pensée unique, dictatoriale, un oxymore avorteur d'idées.

Mais je vous avoue que ce qui m'amuse le plus, c'est de voir à quel point on peut être scandalisé par la moindre possibilité offerte aux autorités pour écouter une conversation téléphonique ou scruter les entrailles d'un téléphone mobile, sans que jamais quiconque ne se soit offusqué jusque-là des pratiques mises en oeuvres par les sites marchands pour violer notre intimité et scruter nos habitudes en tous genres dans le but de nous vendre davantage de produits, de nous imposer, sans que nous le souhaitions, des publicités ciblées  en fonction de nos achats antérieurs tracés dans la mémoire de nos appareils électroniques. Ceux-là savent tout de nous, nos origines, notre religion, nos opinions politiques, nos pratiques sexuelles, notre activité professionnelle, notre activité non-professionnelle, nos amis, les vrais mais aussi les autres, ceux des réseaux (a)sociaux, nos lectures, nos goûts vestimentaires, culinaires, et j'en passe. Qui s'est révolté contre ces pratiques ? Au besoin, faisons de nous une "star" du petit écran dans une télé-réalité et on y court, au nom même de notre liberté, pour que, cette fois, le monde entier soit le témoin de notre intimité.

Et quel patron aujourd'hui ne scrute pas les réseaux avant d'embaucher ?

Allons, il y a belle lurette que nous avons vendu notre âme à Big Brother !





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Plus la beauté prendra de place moins il en restera pour la barbarie

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