samedi 30 mai 2015

Les habits de la vulgarisation

Si je m'en réfère aux définitions du dictionnaire, en l'occurence du Larousse, la vulgarisation serait l'action de rendre accessible, de mettre à la portée du plus grand nombre, et notamment des non spécialistes, des connaissances ou des techniques. 

En quelque sorte, la vulgarisation est une branche de la pédagogie. Elle contribue à la formation continue des individus en général et des citoyens en particulier que nous sommes. Il n'appartient donc pas aux seuls scientifiques le soin de vulgariser les connaissances parfois complexes qui participent à la compréhension du monde. Journalistes et politiques se doivent de nous apporter les éclairages nécessaires à une appréciation personnelle, construite et argumentée, capable de nous conduire aux urnes en toute maturité.

Seulement voilà, comme disait le professeur Jean-Louis Dumas lors d'une conférence de Michel Onfray à l'université populaire de Caen, pour faire oeuvre de pédagogie, il ne faut pas mépriser son auditoire. En effet, la vulgarisation implique de la part de son auteur, d'une part, une évidente maîtrise du sujet et, d'autre part, un respect, une empathie pour l'auditoire, ferments de la sincérité et de la qualité du propos tant dans sa forme que dans son fond. Or, si Nicolas Boileau se plaisait à dire que "ce qui se conçoit bien s'énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément", il est une réciproque qui n'est pas tout à fait vraie et qui rassemble bon nombre de Tartuffes que la médiocrité confine à l'escroquerie intellectuelle. C'est ainsi qu'autrefois, le peuple non éduqué se laissait impressionner par quelque beau parleur qui savait le flatter pour mieux le manipuler. Qu'importe le contenu du propos, il suffisait d'être rhéteur et assez servile pour côtoyer les princes et donner ainsi l'illusion de la compétence. Les temps n'ont guère changé et le partage reste le même. Aux maîtres le soin de gouverner et aux médiocres serviles, les lieutenants des basses besognes, celui de manipuler les quelques pourcents que la démocratie impose pour faire basculer une majorité.

C'est ainsi que l'alliance du mépris et de la médiocrité conduit tout naturellement la vulgarité à endosser les habits de la vulgarisation. Mais ne vous y trompez pas. La vulgarité, elle, si je m'en réfère toujours aux définitions du dictionnaire, en l'occurrence du Larousse, "qualifie le caractère de quelqu'un ou de quelque chose qui manque de distinction, de délicatesse, on dit même qui heurte le goût et les bienséances". Tiens, j'en parlais encore dans mes derniers billets... Ça ne vous rappelle personne ???


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Plus la beauté prendra de place moins il en restera pour la barbarie

Remarque : Seul un membre de ce blog est autorisé à enregistrer un commentaire.