mardi 9 juin 2015

Quel monde étrange que le nôtre !

Étrange monde que celui dans lequel nous vivons.

Étrange monde où après tant de combats des femmes, l'élégance fixée sur un tapis rouge se mesure à l'élévation des verges de ceux qui la commente.

Étrange  monde où le nec plus ultra de l'ambition professionnelle se réduit à une exposition capillaire sur un stade pour ballon rond, à rythmer un chapelet haineux gainé de poésie primaire sur fond de mélodie à deux doigts ou, pire encore, à se prosterner dans les situations les plus avilissantes de quelque téléréalité qui exhibe à des décérébrés, des gominés et des siliconées rivalisant de vulgarité.

Étrange monde qui résume la réussite d'une vie à l'épaisseur d'un portefeuille, qui fait envier, aduler, imiter une Nabilla mais qui abandonne à l'oubli les Luc Montagnier et consorts, qui confond divertissement avec culture, qui préconise que l'excellence est une valeur élitiste, ennuyeuse et donc nécessairement de droite ou de vieux et que le plaisir ne se nourrit que de fainéantise, y compris et même peut-être surtout, quand elle est intellectuelle.

Quel étrange monde qui veut que l'on gagne ses lettres de noblesse à la longueur du dénigrement de son école et qui fait du bonheur l'art de ne rien faire.

Quel étrange monde où, un peu plus chaque jour, l'humanité s'affranchit pour elle-même des lois de la nature quand, dans le même temps, elle répugne l'inconfortable fécondité de son intelligence pour se réfugier dans la stérilité de ses instincts.

Il y a quelque chose de pervers dans le lowcost et le discount qui s'apparente à la charité. Comme elle, ils n'ont d'autre objet que de consoler pour mieux supporter le manque et l'ignorance et faire de la passivité le garant du maintien des privilèges,

Combien de temps encore le peuple prendra-t-il plaisir à jouer les jacquouille qui se repaissent avec bonheur et satisfaction des miettes que leurs maîtres daignent leur jeter ?
En fait, pour paraphraser Hugo, combien de temps faudra-t-il à la populace pour se métamorphoser en peuple.
Que faut-il pour convaincre que la réussite se mesure à l'élévation de l'âme, aussi noble que discrète ? Que le chemin du bonheur est un épuisant parcours parsemé d'embûches et que l'histoire de l'humanité sera sans doute bien plus belle si elle daigne concevoir les termes immanents de son paradis plutôt que de se soumettre aux superstitieux obscurantisme de dogmes aussi manipulateurs que liberticides, aussi obscurs que la nuit des temps dont ils sont issus.





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Plus la beauté prendra de place moins il en restera pour la barbarie

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