lundi 20 juillet 2015

Obscurantisme

L'Académie française précise que le mot vient d'un ancien verbe, "obscurer", qui voulait dire "plonger dans l'obscurité" et donne de l'obscurantisme la définition suivante : "Attitude attribuée à ceux que l'on soupçonne d'hostilité au progrès, au libre exercice de la raison, à la diffusion de l'instruction et du savoir". 

Évidemment on pense tout de suite aux barbus d'Afghanistan qui, pour la première fois aux yeux du monde moderne, institutionnalisèrent les interdictions d'écoles pour les filles, limitant au strict minimum l'accès au savoir pour les hommes, effaçant notamment toutes traces du passé, de l'histoire et de la culture. Ceci n'est évidemment possible que grâce à la gigantesque puissance de feu dont ils disposent. Des armements des plus sophistiqués qui auront été inventés au terme de siècles de recherches, de savoirs en physique, chimie, biologie, etc., en transmission de connaissances, en études organisées dans les écoles, ... Ironie de l'histoire, c'est grâce à ce qu'ils renient qu'ils acquièrent leur puissance.  

Les talibans sont-ils les seuls à se nourrir d'obscurantisme ? Bien sûr que non. Ils ne sont ni les seuls ni les premiers. D'abord parce que l'on a vu combien l'ensemble des fondamentalistes musulmans s'opposent à la diffusion de l'instruction et du savoir. Ensuite parce que la religion catholique a eu également pour sa part ses heures de gloire en matière d'obscurantisme. Galilée en sait quelque chose et il est loin d'être le seul, ce qu'illustrait Victor Hugo dans un discours sur l'instruction publique  : "(...)la nuit faite dans les esprits par l'ombre des soutanes, et les génies matés par les bedeaux". Plus proche de nous, que dire des incantations du pape sur le préservatif quand des millions de vies en dépendent ?  A n'en pas douter, les débats sur le mariage pour tous ou la fin de vie auraient une tout autre allure s'ils n'étaient insidieusement alimentés par des considérations religieuses. Ceci étant, si le fondamentalisme religieux, de quelque origine qu'il soit, est adepte de l'obscurantisme, c'est également le cas pour toutes les formes de superstition et d'une façon générale pour tous ceux qui privilégient la croyance à la raison. Depuis la nuit des temps, face à une mort qu'ils ne comprennent pas et dont l'inconnu les effraie jusqu'à les terrifier, les hommes se rassurent dans leur orgueilleux refus de disparaître en s'inventant des mondes parallèles faits de plénitude et de souffrance éternelles accessibles au gré d'un jugement suprême. La foi en un univers dual, composé d'un monde fini, matériel, avec la mort comme passerelle vers un monde meilleur, éternel, immatériel alimente la résilience de tous ceux qui la partagent. Mais ne reposant sur rien d'autre de plus tangible, la moindre atteinte à cet espoir ne peut qu'exacerber une violence à la hauteur même de l'angoisse que créerait une telle désillusion. Aussi l'intolérance envers toute idée nouvelle, par essence suspecte et dangereuse, est-elle la forme la plus évidente de l'obscurantisme.

Mais prenons garde, l'obscurantisme n'est pas que le fruit de la religion ou de la superstition. La croyance préférée à la raison est aussi le fait de tous ceux qui ne veulent pas assumer leurs choix, leurs actes, leurs jugements. Tous ceux pour qui la fainéantise intellectuelle l'emporte sur la certes considérable dépense d'énergie nécessaire à la compréhension de la complexité du monde,  des choses et des êtres mais qui fait justement le propre de l'Homme. Tous ceux qui s'abandonnent aux appréciations simplistes, aux jugements primaires, à la facilité des procès d'intention,  aux théories des grands complots qui nous dégagent de toute responsabilité de l'état de ce monde. Prenons garde que cette gangrène de la démocratie ne vienne un jour ronger ses forces les plus vives par l'abrutissement médiatique des Closer et autre presse de caniveau qui ne s'est jamais portée aussi bien. Prenons garde aussi de la complicité sournoise d'un kachouri qui cultive, se nourrit et se repait de cette fainéantise. D'un kachouri  qui parle d'approbation d'une liste par des militants socialistes qui n'ont pas eu d'autre choix que celui qui leur a été soumis sans même avoir la possibilité d'en récuser le moindre nom. Un kachouri qui, devant une telle parodie de consultation des militants, n'hésite pas à parler d'étape importante dans le processus démocratique de son organisation politique (Fédération de Seine-Saint-Denis du Parti Socialiste) alors que dans sa propre ville où il est élu municipal, dans sa propre section, sur 178 inscrits 12 se sont déplacés et 4 ont approuvé la liste proposée. Que veut dire 100 % dans ces conditions ? De quoi parle-t-il quand il remercie pour la confiance renouvelée ? Un kachouri, devenu expert en flagornerie, qui évoque sans précision des événements survenus dans la nuit du 14 juillet pour la seule raison de mentionner une pseudo-conversation téléphonique avec le Préfet s'arrogeant une importance inexistante dans les faits et masquant une incompétence qui n'est pas que la fille de son impuissance factuelle. Et que dire d'un Zartoshte Bakhtiari qui travestit régulièrement les faits pour en user au seul profit de ses intérêts politiques, ramenant de réelles préoccupations dignes d'un véritable débat démocratique à de vulgaires considérations de politique politicienne excluant toute forme d'intelligence dans les échanges.

Non, l'obscurantisme n'est pas que le fait des religieux et autres sorciers. L'obscurantisme est aussi cet abrutissement du peuple, insidieusement entretenu par ces manipulateurs qui l'exploitent à leur profit. A leur façon, ceux-là sont tout aussi hostiles au progrès, au libre exercice de la raison et à la diffusion de l'instruction et du savoir. 

Me revient en mémoire cette citation d'Helvétius : "La vérité est un flambeau qui luit dans un brouillard sans le dissiper." Le chemin de la liberté est encore long.



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Plus la beauté prendra de place moins il en restera pour la barbarie

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