mardi 18 août 2015

La moto, le bateau et le goupillon

Béthune, Genève, Sainte Baume, …, il ne manque pas de concentrations de motards qui se font bénir par un curé après une messe champêtre se plaçant ainsi sous la protection de la Sainte Providence. Vu les dernières statistiques, reconnaissons que l’omnipotence du Très-Haut doit avoir quelques failles. A moins que seuls les motards bénis n’aient jamais d’accident, ce dont je doute, ou bien que les exécutés aient eu des comportements douteux au regard des règles de la Sainte Église, ce dont je doute également. Que dire également des motos bénies qui tombent en panne. Y aurait-il un esprit dans les motos ? Auquel cas, en plus du curé il faudrait faire appel à un chamane… ça va commencer à devenir compliqué.

En fait, ça devient une manie. Une vraie compétition. Les religions du livre ne savent plus quoi honorer, bénir, sanctuariser. Le goupillon se frotte à la kalachnikov. Mais non, me dira-t-on, tout cela n’est que du folklore et n’a rien de religieux, c’est juste une tradition. La preuve ? L’organisateur est athée !… Voilà que soudainement mon esprit entre dans une confusion telle que j’ai l’impression d’évoluer dans le cerveau de Zartoshte Bakhtiari. Moi, quand j’étais petit et que j’allais au catéchisme, on m’apprenait que l’utilisation de Dieu ou de la religion à des fins profanes, fussent-elles traditionnelles, pour lesquelles la bénédiction ne serait qu’un prétexte pour festoyer, relève au mieux du paganisme au pire du sacrilège. Il n’en fallait pas plus à Jésus pour chasser les marchands du temple. Mais après tout, me dira-t-on, combien aujourd’hui y a-t-il de mariages à l’église qui sont le fruit d’un profond désir de sacrement de la part des futurs époux ? Manifestement, ce n’est effectivement pas la majorité. La belle robe de princesse et les orgues relèvent aussi sans doute et désormais de la tradition et du folklore. Sans doute ne reste-t-il plus à la religion catholique pour exister que sa participation à des traditions plus ou moins populaires ponctuées de buvettes et de merguez-frites. Sans doute les prêtres qui se prêtent à ces mascarades ont-ils perdu le sens de leur sacerdoce ou bien ne leur reste-t-il plus pour vivre que ces « spectacles » à la façon quelque peu pathétique des indiens d’Amérique ou des Massaï kenyans. Si ce n’est plus que cela, alors oui, après tout, une commune peut bien organiser une messe qui n’est plus alors qu’un spectacle comme un autre.

Mais en revanche, s’il y a bien une croyance, une dévotion à un Dieu, quel qu’il soit, dans la bénédiction d’une moto ou d’un bateau, alors il n’appartient pas à une collectivité publique d’organiser la manifestation. Tout au plus, peut-elle accorder le prêt de matériels à l’association organisatrice. Aussi n’est-il pas utile de faire pression, de forcer la main ou de pratiquer le chantage par des articles ridicules dans une presse qui a de plus en plus de mal à sortir du caniveau.


Napoléon disait que le génie était de savoir s’entourer.  Force est de constater que Dieu doit en manquer cruellement tant, depuis quelques temps, ses serviteurs nous rendent la vie bien insupportable.

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Plus la beauté prendra de place moins il en restera pour la barbarie

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