lundi 31 août 2015

L'accueil des migrants : reflet de notre société

"Il en faut toujours unQuand il y en a un ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes" Souvenez-vous de ce que disait un de nos anciens ministres, brillantissime et ami intime d'un cheval de retour. Ces dirigeants de la droite dite décomplexée, euphémisme d'une extrême droite masquée qui ne veux pas porter son nom. Après tout, quelle différence y a-t-il entre la déferlante migratoire que dénonce Marine La Pen et la fuite d'eau, la canalisation qui explose selon un Nicolas Sarkozy qui a sans doute oublié que c'est en fuyant l'armée rouge que sa famille paternelle a trouvé refuge en France ?

Lorsqu'à une époque de ma vie je circulais à moto, je trouvais que les automobilistes étaient bien peu soucieux des deux roues. Lorsque je circulais en voiture, je trouvais que les motos se souciaient bien peu des voitures. Et en tant que piéton, je me dis que décidément, les conducteurs, quels qu'ils soient, s'attribuent bêtement la puissance de leur machine et font bien peu de cas de nos évolutions pédestres. 

Mes grands parents habitaient Coulommiers en Seine et Marne lorsqu'il y eut une autre déferlante, teutonne celle-là. C'est à pied, comme des millions d'autres français, qu'ils tentèrent d'échapper à la barbarie avant qu'elle ne les rattrape et rende illusoire une fuite sans espoir dans cette Europe nationaliste née du fumier des spéculateurs. Ces serpents de réfugiés épuisés, ruinés, affamés n'avaient pour seul accueil que l'aviation italienne qui les décimaient comme dans les jeux vidéo si prisés aujourd'hui. C'est en abandonnant à quelques compatriotes mieux lotis, qui n'ont jamais perdu le sens des affaires, les rares biens emportés en échange de nourriture que certains purent subsister. Qui alors n'aurait pas souhaité franchir une frontière pour être accueilli et protégé ? 

L'Europe, quoi qu'on en dise et qu'on en pense, nous a préservés à ce jour de revivre ces drames. On ne sait pas encore pour combien de temps, tant elle a abandonné aux comptables et à leurs cortèges d'égoïsmes les rêves de Monnet et Schuman. Sans doute les chocs pétroliers des années 70 auront-ils conduit à habiller la politique de chiffres plus que de projets de vie et de philosophie. De ce point de vue, Giscard aura ouvert la voie dès 1974 où toutes ses interventions étaient ponctuées de chiffres et de pourcentages. Sans doute, est-ce pour combler ce vide intellectuel public que beaucoup quêtent leurs aspirations dans des religions qui livrent des valeurs clefs en mains faute de courage et de volonté pour les concevoir de façon immanente.

Nous sommes tous, tour à tour, piétons et automobilistes. Nous sommes tous des enfants de l'exode. La question n'est pas "faut-il accueillir les migrants ?". Laissons cela à ceux qui trouvent dans la démagogie faite aux français qui peinent, le moyen de soigner leurs propres égoïsmes. Non, la vraie question est double. Pour le court terme elle est "comment accueillir les migrants ?" et pour le plus long terme "que faire pour que la migration ne soit plus une fuite ?" Le vrai enjeu de la mondialisation c'est celui-là : que faire pour que chacun soit bien chez lui ? Ce n'est certainement pas par la cupidité que la droite agite comme un leurre de réussite et qui serait le moteur d'une économie florissante qu'on construira une société durablement développée. C'est par l'empathie et la solidarité ce qui n'exclut pas l'exigence, ce qu'une certaine gauche aurait parfois tendance à oublier.

Il est temps, plus que temps pour le mot de remplacer le chiffre. 

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Plus la beauté prendra de place moins il en restera pour la barbarie

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