mardi 10 novembre 2015

Manifeste FCI : pour en finir avec les intégrismes

Non l'identité religieuse n'est pas un élément constitutif d'une race qui, de ce fait, imposerait qu'on la respecte plus qu'une opinion. J'ai le droit de ne pas aimer la religion musulmane, la religion catholique, la religion juive ou la religion en général. J'ai le droit de préférer une religion à une autre comme j'ai le droit de critiquer une religion quelle qu'elle soit. J'ai le droit de cela et j'ai le droit de le dire et de l'écrire sans qu'on vienne m'étiqueter de raciste. Non, la foi n'est pas plus sacrée que la raison.

J'ai le droit de considérer que la religion est une croyance qui ne repose sur rien d'autre qu'un pseudo axiome et qu'elle n'a rien de plus fondé que l'inquiétude de quelque névrosé moyenâgeux face à la traversée de la route par un chat noir, la baguette de pain retournée sur la table ou le passage sous une échelle. Encore que, s'agissant de ce dernier cas, se prendre un objet contondant sur le crâne relève davantage d'une loi physique expérimentée par un certain Newton que de la révélation prophétique. Quant à la probabilité que l'événement se produise, de savants calculs ont été conçus depuis les "Topiques" d'Aristote pour en évaluer le niveau. En clair, le fataliste passera la tête baissée en s'en remettant au destin, l'aventurier affrontera le danger tandis que le prudent, alerté du risque, contournera l'échelle en projetant son regard vers son sommet percutant au passage un quidam qui passait par là en sens inverse. On n'est pas loin de la rupture du continuum espace-temps de l'ami "doc".

Ceci étant, je ne retire pas à qui que ce soit le droit de considérer que Dieu existe, qu'il porte une barbe, qu'il a créé l'univers et les Hommes et qu'après une journée de repos lui aura été nécessaire. Quand on voit l'énergie qu'il faut fournir pour gouverner le peuple de France, on conçoit qu'il faille, même à Dieu, un temps de repos après avoir créé l'humanité tout entière. Non, ce qui m'inquiète davantage c'est quand les mêmes lui attribuent des règles imposables à tous par la médiation soi-disant révélée de quelque messie ou prophète. Ce qui m'inquiète c'est leur conviction qu'il a fait de la femme une singularité certes honorable mais si inférieure à l'homme que cette imperfection justifie qu'on la protège en la cloîtrant sous une paire de draps équipée d'une moustiquaire. Car, de toute évidence, la femme violée est coupable de son agression par la tentation qu'elle provoque à la simple vue de son existence. Que l'homme ne puisse résister à ses pulsions hormonales est après tout dans l'ordre des choses et il appartient à la femme de ne pas le tenter. 

Aussi ai-je décidé de reproduire ici, et avec leur accord (je les en remercie au passage), le manifeste des Femmes Contre les Intégrismes (association FCI : http://www.fci-asso.org)
Aussi ai-je décidé de le signer. 
Aussi serai-je flatté que vous fassiez de même en cliquant sur le lien suivant : 
MANIFESTE
POUR EN FINIR AVEC LES INTÉGRISMES


Quelles que soient leur idéologie et leurs pratiques religieuses sectaires, tous les mouvements intégristes sont gangrénés par l’ignorance, le machisme et l’obscurantisme, jusqu’au meurtre. Tous ont en commun d’asservir les femmes, de contrecarrer les évolutions sociétales, d’étouffer la liberté de conscience et d’expression. Leur volonté de domination doit cesser. Ensemble, nous allons briser le silence des millions d’hommes et de femmes qui subissent leurs diktats sexistes.
Je déclare être blessée par les propos dégradants que tiennent les intégristes sur les femmes, et avoir connaissance de multiples pressions de leur part, de menaces, de violences physiques et mentales, de viols et de massacres.
Je suis informée des conditions indignes qui sont faites à celles qui connaissent l’enfermement dans leurs corps et dans les murs des maisons, la relégation au cœur même de la société, la criminalisation des actes de la vie les plus ordinaires.
Simplement parce qu’elles sont femmes. En ce sens, je suis l’une d’elles.
En France, la laïcité, parce qu’elle sépare les lois de l'État des dogmes religieux, est un pilier des libertés individuelles et d’égalité entre les citoyen-ne-s. Ce principe, acquis de haute lutte voilà 110 ans, doit être clairement établi, et promu sur tout le territoire.
Peu importe que je sois de France ou d’ailleurs, je suis d’accord avec cette déclaration et je l’exprime librement, en toute conscience.
En tant que citoyen-ne du monde, je soutiens celles et ceux qui cherchent à faire avancer le principe de laïcité dans leurs pays respectifs, et qui partout appuient les revendications d’égalité des droits entre les femmes et les hommes.

Le dire publiquement, ensemble, est un acte politique que je revendique.



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Plus la beauté prendra de place moins il en restera pour la barbarie

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