mardi 12 janvier 2016

Attentifs ensemble ou aux innocents les mains pleines

Si un jour on vous présente un type sans histoire, plutôt gentil et réservé selon son entourage, ne faisant pas parler de lui, pas connu des services de police ou très peu, juste pour quelques petits trafics, très poli selon les commerçants du quartier, d'une famille respectée et même travaillant bien ou  ayant bien travaillé à l'école, surtout, méfiez-vous, soyez extrêmement prudents, il s'agit sans aucun doute d'un terroriste. 

Extrait du journal télévisé, France2 :
Julian Buté : "Jean-François Mousseton, vous êtes allé enquêter sur l'environnement de Mohamed David ben Saint André. Vous dîtes que c'était a priori un garçon plutôt sans histoire, n'est-ce pas ?"
Jean-François Mousseton : "Eh bien oui, Julian, je me trouve très exa..cte..ment devant le collège "Jules de Saint-Exupéry-Camus", là où le jeune adolescent de 32 ans a été élève de la 6ème à la 3ème. Madame Perron, vous êtes principale de ce collège et vous l'avez-bien connu ?"
Mme Perron : "En effet, Mohamed a passé 6 ans dans notre collège, non pas de la 6ème à la 3ème comme vous l'avez évoqué mais seulement de la 4ème à la 3ème, puisque c'est à la maison de redressement qui jouxtait la centrale où son frère purgeait une peine de 5 ans d'emprisonnement qu'il a fait sa 6ème et sa 5ème."
Jean-François Mousseton : "Etait-ce un garçon très agité ?"
Mme Perron : "Pas du tout. Au contraire, c'était un garçon très discret, extrêmement poli selon les commerçants du quartier. Je l'ai moi-même entendu une fois dire au boulanger qui est en face de l'école : "respect M'sieur, respect, c'est pas moi on m'les a mis dans la poche, c'est Nadine Amouke". Probablement une petite camarade d'une autre école qui lui avait fait une blague parce qu'il n'y a pas de Nadine Amouk ici. Pour tout vous dire, il n'aimait pas trop jouer avec ses camarades tant et si bien qu'avec Madame Lucien, sa professeur de français, nous nous inquiétions qu'il passe toutes ses récréations dans un petit coin retiré derrière les toilettes ou de temps en temps quelques camarades allaient le rejoindre sans doute pour l'inviter à venir jouer avec eux, je ne sais pas nous sommes très respectueux de l'intimité de nos élèves. Toutefois, je peux dire que c'était un garçon très généreux et même passionné d'environnement. Il se promenait toujours avec un petit herbier qu'il tenait à jour. Il avait réussi à passionner ses petits camarades à qui il donnait quelques brins d'herbe avec de la pâte à modeler pour qu'ils se confectionnent leur petit herbier personnel."
Jean-François Mousseton : "Comment réagissez-vous à son arrestation et notamment aux rumeurs de radicalisation qui l'entourent ?"
Mme Perron : "Je suis extrêmement surprise et désappointée. C'était un élève gai malgré tout, participatif en cours, parfois même un peu facétieux. Si, je me souviens d'un jeu qu'il aimait beaucoup faire dans la cour, c'était de faire semblant d'haranguer ses petits camarades en lisant un livre en verlan..."
Jean-François Mousseton : "En verlan ? C'est-à-dire ?"
Mme Perron : "Eh bien, c'était très amusant. Figurez-vous qu'il se mettait au milieu de la cour, il montait sur une chaise et il baragouinait une espèce de charabia en tenant son livre à la main mais en le lisant de droite à gauche, le petit chameau... c'est comme ça que j'ai compris qu'il faisait tout en verlan. Je vous avoue que c'est une langue de jeunes que je ne comprends pas bien. Tous ses petits camarades jouaient avec lui et l'entouraient en lui réclamant des carambars. A moi le carambar, à moi le carambar qu'ils criaient... c'était vraiment très drôle."
Jean-François Mousseton :"Et quand il a quitté votre école ?"
Mme Perron : "C'était un garçon très bricoleur. Souvent il jouait avec des réveils, de vieux téléphones portables. Il s'intéressait à tout et était très ambitieux. Il voulait être électricien. Souvent il me disait "Avec le courant je vais péter le feu !"
Jean-François Mousseton :"Voilà Julian, comme vous voyez, un garçon sans histoire."
Julian Buté : "Merci Jean-François pour ces précisions. Un garçon sans histoire donc, qui donnait toute satisfaction à son dernier employeur, la Malaysia Airlines, pour laquelle il était affecté à la maintenance des Boeing triple 7"...


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