mercredi 10 février 2016

Du normand au salafiste !

Quand à Madrid, Paris, Oslo, Bucarest, Tokyo, Londres, New-York et Pékin, et New Delhi et Alger et... dont les murs portent les mêmes tags, où l'on mange les mêmes burger frites dans les mêmes Mac Do des mêmes centres commerciaux au son des mêmes musiques rythmées des mêmes mots, avec les mêmes jeans teintés, troués et effilochés par les mêmes doigts d'enfants, de femmes et d'hommes exploités par les mêmes enseignes.
Quand l'écran plat, l'iPhone dernière génération et plus généralement la consommation sont les seules aspirations, les seules perspectives, les seuls désirs et les seuls objectifs d'un individualisme promu par la lâcheté et l'abandon du collectif. 
Quand le paraître prime sur l'être à coups de voitures de luxe payées à tempérament, de modes ostentatoires auxquelles on confie le soin de donner l'image d'une réalité que l'on est incapable de construire.
Quand le virtuel prime sur le réel .
Quand l'aventure, le courage et l'imagination ne se vivent plus que dans les jeux vidéo.
Quand le ballon d'or prime sur le prix Nobel et le simplisme sur la complexité.
Quand on confond l'art et le divertissement.
Quand le ricanement prime sur le rire parce que la moquerie prime sur l'humour.
Quand on peut dire que le métier d'une chaîne TV est d'aider Coca Cola en lui vendant du temps de cerveau humain disponible.
Quand TPMP fait 1,8 million de téléspectateurs, l'amour est dans le pré 5, 5 millions, Secret story 2 millions et 800 000 pour les Anges de la téléréalité... tous volontaires !
Quand, pour rendre hommage à Michel Galabru, on choisit le gendarme en balade.
Quand l'horreur est mondialisée et que le beau n'est plus que l'énergie confidentielle de quelques utopistes qui veulent encore croire au salut du monde.
Quand le patrimoine des 1 % les plus riches dépassent le patrimoine cumulé des 99 autres % et que 62 personnes se partagent autant que la moitié la plus pauvre de la population mondiale soit 3,5 milliards de personnes.
Quand ce qui révolte réellement chez les riches c'est de ne pas être à leur place.
Quand le problème d'accueillir des millions de crève-la-faim prime sur les raisons qui les poussent à fuir les obus tirés d'un char loué à la journée à des marchands d'armes jamais dénoncés.
Quand à vouloir légitimement combattre l'autoritarisme on détruit l'autorité.
Quand la démocratie et l'égalitarisme envahissent la famille.
Quand la charité prime sur la solidarité.
Quand le consumérisme se substitue aux droits et devoirs.
Quand le calme d'un enfant s'achète en DVD.
Quand l'école des salariés prime sur l'école des citoyens.
Quand les maths priment sur le français.
Quand la politique politicienne efface la conviction politique.
Quand l'économie prime sur le politique.
Quand le beau et l'inutile sont des privilèges de riches.
Quand la religion monopolise le sacré parce que l'immanence ne transcende plus. 
Quand il n'est plus d'autre drapeau que celui du club ou du quartier.
Quand...
Quand...
Quand...

Pourquoi s'étonner de l'existence d'un Maxime Hauchard à Bosc-Roger-en-Roumois ? 

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Plus la beauté prendra de place moins il en restera pour la barbarie

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