vendredi 25 mars 2016

Éloge de la complexité

Connaissez-vous Léon Gaultier ? Et Georges Bidault, ça vous dit quelque chose ? Ah, tiens, Pierre Bousquet, ça vous parle ? Oui, vous avez raison, mais je ne vous parle pas de René mais de Pierre. Non ? Alors peut-être que Jean-Maurice Demarquet ou Pierre Sergent ??? Non plus ? Allez je vous garde la meilleure pour la fin... Rolande Birgy, honte à vous si vous ne la connaissez pas. Non ? Vraiment ?
Laissez-moi vous les présenter :
Léon Gaultier : Ancien membre de la Waffen-SS. Georges Bidault : Successeur de Jean Moulin à la tête du Conseil National de la Résistance. Pierre Bousquet : Ancien de la division SS Charlemagne, il combattra les Russes à Berlin en avril 45. Jean-Maurice Demarquet : Ancien membre de la 1ère division française libre, croix de guerre 39-45. Pierre Sergent : Il fut résistant dans le réseau "Vélite-Thermopyles", puis membre d'un maquis en Sologne avec le corps-franc « Liberté » avant de participer à la libération de Paris. Ah, Rolande Birgy, cerise sur le gâteau. Madame Birgy est une ancienne résistante, décorée de la croix du Combattant volontaire de la résistance. Le titre de "Juste entre les nations" lui sera décerné par l'État d'Israël en 1984 pour avoir fait passer des enfants juifs en Suisse. Elle fut membre de la Jeunesse ouvrière chrétienne, du Sillon, de la CFTC et du MRP.

En voici d'autres que vous connaissez davantage : Raymond Marcellin, Les frères Lumière, Raoul Salan, Edmond Giscard d'Estaing, Paul Dungler, Charles Vanel, Charles Maurras, Antoine Pinay, Pierre Fresnay, Henri Coston, François Mitterrand et même l'abbé Jean Rodhain.

Dans ces deux groupes, dont la liste est loin d'être exhaustive, se sont distingués et révélés des êtres remarquables comme d'affreux et répugnants personnages. Le premier rassemble les membres fondateurs du Front national, le second, les titulaires de l'ordre de la Francisque Gallique.

Résumer l'extrême droite à la collaboration, au racisme et à l'antisémitisme est aussi réducteur que considérer que les titulaires de la Francisque Gallique ont tous épousé sans équivoque les thèses fascistes. 

Plus près de nous, un lycéen se fait honteusement tabasser par un policier ce qui révolte à juste titre la collectivité tout entière. La généralisation du fait conduit alors à une manifestation destinée à dénoncer les violences policières. Dont acte. Malheureusement, ladite manifestation se transforme en chasse aux flics avec une violence tout aussi condamnable. On nous explique toutefois que les lycéens qui manifestaient étaient des gentils qui ont été débordés par des méchants venus là sans y avoir été invités. 

En somme, la complexité ne traite pas de tous les visages. Le tabassage d'un lycéen est l'ersatz d'une violence policière généralisée tandis qu'il faut savoir séparer le bon grain de l'ivraie lorsqu'une manifestation lycéenne dégénère.

Faisons attention avec tous ces raisonnements simplistes qui ouvrent les portes au populisme et à son cortège de procès d'intention, de préjugés et finalement de condamnations inappropriées ou excessives. Il n'est rien dans notre monde qui ne soit autre chose qu'un ensemble complexe. Ne pas intégrer cette complexité dans nos raisonnements peut certes satisfaire notre fainéantise intellectuelle et flatter nos instincts barbares mais en aucun cas nourrir cette humanité que nous savons pourtant revendiquer au nom de nos libertés. 




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Plus la beauté prendra de place moins il en restera pour la barbarie

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