mardi 28 juin 2016

Démocratie ! A vos copies, vous avez deux heures !

Suivre celui qui cherche et fuir celui qui sait. Sage principe, difficile à appliquer par ces temps qui courent où sont si nombreux ceux qui croient savoir.

Il faut dire qu'essayer de comprendre le monde qui nous entoure relève de la gageure. Et pourtant, on allait voir ce qu'on allait voir. Syriza allait révolutionner la Grèce, l'Europe, la démocratie... Ses cousins indignés de la péninsule ibérique allaient faire de Podemos la première force politique de l'Espagne raflant parlements et cités...  Dans cette France qui se délite, mauvaise, à la traîne de tout, gouvernée par des incapables auxquels ne s'opposent que d'autres incapables, Nuit Debout allait nous conduire vers une sixième République à la démocratie participative renouvelée. Enfin les gouvernants vont se préoccuper des peuples ! Enfin la démocratie, la vraie, va triompher des abus de pouvoir et des malentendants politiques.

Chaque fois, ceux qui savent, journalistes et autres prélats du clergé médiatique, nous prédisent, nous décrivent, nous expliquent, nous disent le bien, le mal, comment les choses sont faites, par qui, pourquoi, ... On les a entendus lors du référendum sur la constitution européenne. On les a lus lors du référendum sur le Brexit. On les a vus lors des législatives espagnoles et grecques, etc. On ne sait même plus s'ils commentent la politique ou un match de foot. Entre la nouvelle gauche et l'extrême droite que l'on préfère nommer populiste, par peur sans doute de culpabiliser ceux qui s'y vautrent, quelle est l'équipe qui va créer la surprise ? C'est le scoop à ne pas manquer, la prochaine édition spéciale avec les experts en économie, en géopolitique, en politique internationale, directeurs d'instituts et de fondations politico-énoconomico-stratégiques pour confronter leurs avis éclairés sur le plateau du Playmobile ou dans les pages d'un Barbier qui est à Aristide Bruand avec son écharpe rouge ce que Danyel Gérard est à Bob Dylan avec son chapeau. .

2015 sera l'année de la nouvelle gauche titrait le très sérieux Courrier International en janvier de la même année. Un an et demi plus tard, Syriza digère en silence les couleuvres infligées par l'Eurogroupe. Podemos a perdu un million et demi de voix. Quant à Nuit Debout, le sort réservé à Finkielkraut autorise à se demander quelle opposition serait tolérée dans la 6ème République si chère à Jean-Luc Mélenchon. Et que dire de la consultation de Notre Dame des Landes à la légitimité contestée par des perdants dont on se demande quel discours ils auraient tenu s'ils avaient gagné ?

Et puisqu'il est devenu coutumier, quel que soit le bord politique, de convoquer le général pour sceller ses opinions, je le paraphraserai pour m'interroger sur cette démocratie que nous revendiquons :
Il faut prendre les choses comme elles sont car on ne fait pas de politique autrement qu'avec des réalités. Bien entendu on peut  sauter sur sa chaise comme un cabri en disant démocratie, démocratie, démocratie. Mais ça n'aboutit à rien et ça ne signifie rien. Je le répète, il faut prendre les choses comme elles sont. Et les choses telles qu'elles sont m'inspirent a minima quatre questions :

Demander l'avis du peuple suffit-il pour définir une démocratie ?

La majorité simple suffit-elle pour légitimer une décision ?

Ceux qui réclament plus de démocratie pour mieux se faire entendre prônent-ils la même démocratie pour que d'autres puissent se faire entendre ?

La somme des réponses motivées par des intérêts particuliers peut-elle répondre à une question d'intérêt général ?

Allez, c'est la période des examens, votre avis m'intéresse. 






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Plus la beauté prendra de place moins il en restera pour la barbarie

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