lundi 18 juillet 2016

A propos des amalgames !


Je voulais vous offrir durant cet été une nouvelle série humoristique. Après les aventures du flaperon du MH370 de 2015, les grands vocabulaires du net auraient eu les honneurs de 2016 dont l'expression "faire polémique" a ouvert le bal. Mais l'actualité, aussi honteuse que douloureuse, m'en a ôté l'envie. Et les quelques réflexions entendues m'ont inspiré cette petite remarque que je vous livre humblement.

Puisqu'on en est à dénoncer les amalgames de tous poils, fruits en général d'une inculture abyssale, je voudrais rappeler à la population en générale et aux humoristes en particulier que "Rom" n'est en aucun cas un diminutif de Roumain, que tout Rom n'est pas forcément Roumain et surtout que les Roumains ne sont absolument pas des Roms. 

Que la minorité Rom soit particulièrement importante dans les Balkans, dont singulièrement en Roumanie et en Bulgarie, ne justifie pas les sketchs abominablement racistes qui fleurissent sur les ondes à l'image d'autres qui pullulaient jadis dans les cabarets parisiens sous l'air hilare de la collaboration. Non les roumains ne volent pas les montres, ne lavent pas vos pare-brises aux carrefours, ne font pas la mendicité, ne volent pas le cuivre des éclairages publics. Les Roumains sont un peuple digne à la culture éblouissante, qui a donné à la France Brancusi, Enesco, Ionesco, Cioran pour les plus connus, amoureux de la France et de la culture française depuis plus d'un siècle et qui, malgré la dictature, a continué à apprendre et parler le Français. Combien de fois ai-je été impressionné d'entendre à Cluj, Bucarest, Iasi, Timisoara, Brasov, etc. des jeunes, moins jeunes et gens ordinaires réciter de mémoire nos plus grands poètes. Nombre de personnalités ont leurs origines au cœur de cette cousine oubliée des Carpates, des bords de la mer Noire et du Danube. Me revient en mémoire ce ministre de Giscard à qui nous devons la première campagne de valorisation du travail manuel, Lionel Stoleru. Eh oui, déjà à l'époque, les études professionnelles ne faisaient pas recettes. 

La déception de ne pas retrouver la France que le souvenir du second empire leur avait laissé, la France ouverte, la France cultivée, la France artistique, philosophique, politique, la France des universités que tant de leurs aînés avaient fréquenté, a définitivement tourné les Roumains vers d'autres horizons. Dacia, racheté par Renault, restera le seul héritage de ces retrouvailles ratées, le parfait symbole de la seule valeur que nous savons aujourd'hui partager avec les peuples du monde... les affaires et l'argent. Les Roumains eux espéraient autre chose... 

Quant aux Roms, la méconnaissance de ce peuple fragmenté et complexe couvrant les Manouches, les Romanichels, les Gitans, les Tziganes, les Bohémiens, etc. , tous ne s'acceptant pas pareillement, tous issus de l'Inde formant des groupes qui ont construit leur histoire et leur culture spécifique au fil des siècles et des pays traversés, les réduit bassement aux exactions qu'une partie minoritaire, même si elle est significative, entache de sa médiocrité. 

Le monde est complexe, le comprendre demande énergie, bienveillance (que je préfère à tolérance) et beaucoup, beaucoup de travail. Oui c'est épuisant, mais c'est le prix de la paix. Notre modernité nous confine à une fainéantise intellectuelle que les raisonnements simplistes de ces derniers jours nourrissent et valorisent. Non, définitivement non, les a priori ne constitueront jamais l'once d'un raisonnement. Tout juste relèvent-ils de croyances avec leurs excès et leurs intolérances. On appelle cela des religions, elles n'ont pas forcément besoin d'un Dieu... La boucle est bouclée.

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Plus la beauté prendra de place moins il en restera pour la barbarie

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