vendredi 25 novembre 2016

Un projet pour qui ? Pour quoi ?

Après trois débats dont le seul objectif était de sortir l'agité, les deux survivants du pugilat nous ont enfin dessiné dans un ultime combat le véritable projet de société que nous concocte la droite depuis qu'elle a été renvoyée à ses chères études. Enfin on est en capacité de mesurer la différence qu'il y a entre la droite et la gauche, puisse cette gauche relever de la sociale démocratie.

Au cours de cette dernière soirée sur laquelle il y aurait beaucoup à dire, François Fillon qui est à l'humour ce qu'un curé est à la joie, m'a particulièrement fait rire lorsqu'il a répondu à une question sur le traitement à infliger aux délinquants mineurs. Il faut enfermer les plus difficiles, dit-il, mais pas dans des prisons traditionnelles parce que ce sont des lieux d'où on ressort soit radicalisé soit plus délinquant encore que lorsqu'on y est entré. Il le sait bien, souligne-t-il encore, il a étudié la chose puisqu'il propose la création de 16 000 places de prison. Soit, si j'ai tout bien compris le discours, une offre de radicalisation et d'apprentissage à la délinquance de haut niveau pour 16 000 personnes supplémentaires. François Fillon est, parait-il, très attaché à la formation, je n'imaginais pas que son goût pour l'apprentissage allait jusque-là.


Lorsque Christiane Taubira dit que la prison est un échec de la réinsertion, qu'il faut que nous usions de tout notre génie, de toute notre imagination pour trouver le juste équilibre entre la sanction et la réinsertion, on l'accuse de laxisme et on la rend responsable d'à peu près toutes les récidives perpétuées sur le territoire.

Le problème de Christiane Taubira est que sa hauteur de vue si juste soit-elle, et elle l'est, dans le constat comme dans la solution, est inaccessible à la grande majorité qui ne raisonne qu'en bien et en mal et pour qui, la seule réponse possible au fait délictueux est une punition aussi dure que vengeresse se limitant à un enfermement stérile.

La droite nous présente un projet de société, un projet qu'elle dit au service de la grandeur retrouvée de la France. Sans doute, mais j'ai du mal à percevoir en quoi il contribue à la grandeur de l'Humanité. J'avais cru naïvement que cela devait aussi faire partie d'un projet présidentiel.




Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Plus la beauté prendra de place moins il en restera pour la barbarie

Remarque : Seul un membre de ce blog est autorisé à enregistrer un commentaire.