mercredi 28 décembre 2016

Quand Saint Abdelhak croise Saint Axe

Qui n'a pas rencontré celui ou celle qui, à la question : "quel est votre plus grand défaut ?", répond "Moi, je crois que mon plus grand défaut c'est la générosité, l'empathie, le souci de l'autre. Que voulez-vous ? Je sais bien qu'il faudrait que je pense un peu plus à moi, que je sois un peu égoïste. C'est vrai, je sais bien qu'on ne peut pas porter toute la misère du monde et que c'est extrêmement pénible pour l'entourage que d'avoir à supporter quelqu'un qui n'a de cesse de se consacrer au autres, que de s'inquiéter pour les autres. Mais c'est comme ça, je n'arrive pas à me contrôler. Moi, il faut que je donne que je donne que je donne". Ainsi donc, en qualifiant de défaut ce qui est une qualité aux yeux des autres, devient-il possible d'ajouter encore à ladite qualité cette noblesse d'âme qui a conscience de l'abîme qui la sépare du commun des mortels. Avec l'humour qui le caractérisait et qui lui faisait écrire ses réflexions sur de petits bouts de papier qu'il pliait ensuite pour les jeter dans le coffre de son piano droit, Erik Satie avait su magnifier cet état d'esprit en disant : "Moi, pour la modestie, je ne crains personne".

Notre Kachou local est comme ça. Ses défauts sont ses qualités et pour la modestie, il ne craint personne. Usant du stratagème, il a cette capacité rare de ne parler que de lui lorsqu'il parle de vous. En cela, sa dernière publication est un véritable florilège ; jugez plutôt. 

Extrait (cette fois je ne vais pas vous infliger l'entièreté du propos. En cette période de fêtes où le foie et l'estomac sont soumis à rudes épreuves, cela ne pourrait se faire qu'une boite de Vogalène à proximité immédiate et tout le monde n'en dispose pas). 

Dès les premiers mots, l'auteur donne l'intention qu'il souhaite donner à son oeuvre qu'il intitule "Belles fêtes !" : "À la veille des fêtes de fin d'année, je veux par ces quelques mots vous dire à quel point, la vie est unique.". La ponctuation est conforme à l'original et relève de la liberté que l'écrivain accorde à sa rédaction. Nous verrons qu'il use également de cette liberté dans l'approche orthographique et grammaticale de sa création ; ce qui amplifie de façon magistrale le mystère du propos.

Après une introduction romanesque au cours de laquelle sont évoqués les douloureux événements de l'année 2016 avec un style qui n'est pas sans rappeler les émouvants romans de la collection Harlequin ou la poésie de Nabilla, le héros de novembre 2015 souhaite à ses lecteurs que 2017 soit meilleur en posant les principes qui font de lui un sacré boute-en-train à savoir joie, espoir, bonnes ondes et surtout amour à n'en plus finir.   

Dès lors, et jusqu'à la fin de son oeuvre, l'auteur n'aura de cesse d'exprimer les multiples qualités qui sont les siennes et qu'il mettra au service de la population contribuant ainsi à faire de 2017 une année particulièrement réussie pour chacun d'entre-nous. Ainsi donc, je cite : 

Pour moi, en 2017, je continuerai sans relâche à aimer la vie, à aimer les gens, à défendre les plus fragiles, à sourire, à aider tant que je peux, à être généreux, à être à l'écoute, à croire en chacune et en chacun, et ce, sans exclusive.

En 2017, je continuerai à croquer la vie à pleines dents.
En 2017, je resterai profondément engagé au service de notre belle République. Plus qu'un objectif, un serment indéfectible tant j'aime mon pays
En fin de propos, "Consoleur de la nuit", comme on l'appelle désormais dans les commissariats depuis le drame du 13 novembre 2015, adresse "Un clin d’œil particulier aux habitant-e-s de ma ville, Neuilly-sur-Marne, aux responsables associatifs, aux fonctionnaires municipaux et à l’ensemble des services qui assurent notre sécurité.". On retrouve là, la signature tout à fait personnelle de "l'Ange de la Belle Equipe", comme on l'appelle désormais dans les bars parisiens, qui refait surface à l'approche de chaque élection. Malheureusement, il semble qu'après il soit pris d'une furieuse crise d'amnésie qui veut qu'il oublie que même quand on ne fait pas partie de la majorité, on se doit de participer à l'activité politique pour laquelle on a été élu. 

En conclusion et dans un paroxysme qui frise la macronite aiguë un soir de meeting, le Cyril Hanouna de la politique lance un vibrant : "Surtout, n'oublions jamais que nous n'avons qu'une vie !".

Au-delà d'une profondeur abyssale du propos que chacun aura pu apprécier, notons au passage ces libertés qui ne sont pas sans évoquer les belles heures de rédaction en cours préparatoire de l'école communale. Quelques exemples (la liste n'est pas exhaustive) qui démontrent l'amour indéfectible de l'auteur pour la langue française : 

"2016 fut particulière. Elle aura été une année dans laquelle nos larmes ont trop souvent coulées"

un peu plus loin...

"Trop d'âmes envolées au nom d'une pseudo idéologie. Elle fut aussi l'occasion de se rassembler, certes, dans la douleur, mais elle nous aura permis de se rappeler que nous pouvons ensemble vivre côte à côte dans le respect de nos différences et dans ce qui composent notre socle commun : les valeurs de la République..."

A l'heure où les médailles du mérite et autres légions d'honneur se distribuent au moindre peigne-cul qui aura su mettre sa langue au bon endroit et où le pape François semble distribuer de l'auréole comme on donnait naguère des bons points aux enfants réputés sages, je propose un Goncourt spécial pour l'ensemble de l'oeuvre de Saint Abdelhak. 

Il parait que notre société souffre de la médiocrité de ses élites, qu'on se rassure, nous avons trouvé-là l'élite de la médiocrité.


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Plus la beauté prendra de place moins il en restera pour la barbarie

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