mercredi 22 février 2017

De la nécessité de croire.

Croire, magnifier, transcender. Depuis le premier jour où ils ont voulu comprendre, les Hommes ont éprouvé le besoin d'un univers qui les dépasse.

Croire en la beauté et la restituer par la musique, la poésie, la peinture, l'art en général. Croire en un Dieu, à la magie, au surnaturel, pour expliquer les choses inaccessibles à la raison, pour retrouver un espoir perdu. Croire en un lendemain meilleur qui console de la souffrance d'aujourd'hui. Croire en la vie après la mort. Croire aux surhommes aux super-pouvoirs qui défendent le faible, l'ordinaire et le bien contre les forces du mal. Croire en un chef qui conduit sans se tromper et sans tricher. Croire en l'amour éternel, unique, indépassable, inimitable. Croire que la perfection est possible. Croire en sa patrie, croire en son équipe et à sa supériorité sur toutes les autres. Croire que l'ordinaire est un fragment d'extraordinaire.

Croire, c'est imaginer possible l'improbable. Croire c'est un peu rêver les yeux ouverts et rendre rationnel ce qui ne l'est pas.

Jamais sans doute, les peuples et les êtres, collectivement et individuellement, n'ont-ils autant aspiré à croire en quelque chose qui les sorte du quotidien futile dans lequel le productivisme, la capitalisme et la consommation du vingtième siècle les a plongés au seul bénéfice de quelques uns. Croire en quelque chose qui les concerne et duquel il peuvent se sentir à la fois les concepteurs, les acteurs mais aussi les gardiens. Plus qu'au lendemain, c'est en l'avenir qu'ils veulent croire.

Les magnifiques photographies de Thomas Pesquet démontrent une seule chose. Qu'il existe un destin commun à toute l'humanité et que nulle frontière n'en épargne qui que ce soit. C'est le rêve de ce destin qu'il faut inventer. C'est ce point de convergence de tous les peuples cohabitant sur une planète aujourd'hui si minuscule qu'elle en est devenue fragile qu'il faut tracer car rien ne se fait sans que l'on ait posé un rêve. Cela s'appelle un idéal.

J'étais fier de mon pays qui, à travers la COP21, avait, une fois encore dans l'Histoire, montré un possible chemin. J'ai été frustré que la presse, les médias, les intellectuels, les politiques, vous et moi ne nous soyons pas engouffrés dans l'opportunité qu'il y avait à dépasser nos préoccupations étriquées et nos égoïsmes locaux et générationnels pour parler de la seule chose qui vaille : quel avenir pour l'humanité ?

C'est pourtant une préoccupation désormais incontournable et à la dimension des plus hautes fonctions de la république. Malheureusement absente des conceptions de nos candidats dont le plafond de verre, pour reprendre une expression très à la mode, les limite à des considérations de secrétaires d'état.

A quoi sert un itinéraire quand il n'y a pas de destination ?


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Plus la beauté prendra de place moins il en restera pour la barbarie

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