mercredi 10 mai 2017

Vous avez dit renouveau ?

Combien se sont moqués hier de l'initiative d'Emmanuel Macron et du mouvement "En Marche" de vouloir sortir des carcans des partis traditionnels pour proposer une autre façon de faire de la politique hors des sectarismes qui répondent davantage aux intérêts des organisations politiques qu'à ceux du pays et des Français ? Que n'a-t-on glosé, désinformé, inventé des histoires, raillé, asséné des "c'est un feu de paille qui fera pschitt" jusqu'à "pour y être arrivés, il faut bien qu'ils aient été soutenus par les puissances occultes de l'argent puisque c'est un banquier" en passant par "la dénonciation du système des partis n'est qu'un prétexte et même une atteinte aux principes démocratiques". 

Et que commence-t-on à voir fleurir (vous me direz c'est le printemps) ? Christiane Taubira, Martine Aubry et Anne Hidalgo qui lancent un mouvement politique baptisé "Dès Demain" avec comme commentaire : "Le moment est venu de nous émanciper des vieux carcans d’hier et des débats strictement internes aux appareils politiques pour créer un mouvement, dont le rôle sera d’identifier les solutions et les réussites locales, et de travailler à leur mise en œuvre à toutes les échelles de territoires : locale, nationale et européenne."

Ce matin, Benoit Hamon, propose de lancer en juillet un vaste mouvement de gauche transverse, hors de toute obédience partisane pour rénover la dynamique démocratique "puisque les partis ne veulent pas parler entre eux".

De son côté, après avoir souhaité l'adhésion de la France à la grande Alliance Bolivarienne, la France Insoumise et le parti communiste se fâchent et seront adversaires aux législatives, illustrant assez bien que l'intérêt des partis prime quand même sur tout autre considération ; subventions d'état post élections obligent. On l'a vu dans l'Alliance Mélenchon/Hamon qui ne s'est pas faite malgré l'appel de millions de Français. Ultime accord qui aurait pu emporter mon suffrage mais qui, définitivement, m'aura montré à quel point cette gauche, en dehors des alliances de circonstance, est incapable de s'entendre durablement pour gouverner. Si l'imaginaire est collectif, le réel reste individualiste. C'est dommage.

Enfin, je ne m'interdis pas de penser que la droite ne manquera pas de lancer son grand mouvement de réflexion transverse dans lequel toutes les valeurs de droite pourront se reconnaître sans exclusive partisane afin de recréer une dynamique démocratique hors des partis qui n'auront pas su porter la voix du redressement.

En somme, aujourd'hui, tout le monde s'accorde à dire que les partis traditionnels ont figé la démocratie et bloqué les énergies. Quel manque d'imagination ! On pourrait cette fois gloser sur ce constat fait par des gens qui ont largement participé à cette sclérose. Comme quoi, il est toujours bon de tourner sept fois sa langue dans sa bouche. Il leur reste encore une chose à faire cependant pour répondre au désir de renouveau démocratique, c'est la bienveillance. Et là, au regard de ce que l'on a entendu et de ce que l'on entend encore, c'est pas gagné comme on dit.

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Plus la beauté prendra de place moins il en restera pour la barbarie

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